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25.2.13


Saïd et Jonathan qui sont deux hommes beaux et courageux, qui sont russes, arabes, espagnols et juifs et sans doute fous d’architecture, de gastronomie, fous de leurs propres corps et de musique et de télévision et de métaphysique et de Feng Shui, qui sont sans doute à bout de contrôle, à bout de leur contrôle sur la vie, sur leur amour et sur leur solitude, leur habitude, sans doute à bout de contrôle, sans doute fébriles et calmes mais suants, Saïd et Jonathan bercent la petite femme qui est encore si jeune, si jeune :
Tu es tu es tu n’es pas morte
Tu es tu tu ne crains pas du tout la mort
Tu es tu es tu n’es pas morte
Tu es tu es tu déplies ta langue tes genoux ta rigole
Tu es tu tu tu es tu n’as pas la mort sur ta porte n’a pas tu n’as pas la mort au front n’as pas tu tu es tu tu es tu n’es pas du tout morte tu es tu es tu es tu es tu ne sens pas ta chair qui empeste tu es tu n’es tu n’es tu es si jolie jolie tu es si jolie notre petite petite tu es notre petite tu n’es pas décomposée tu es si si tu n’es pas morte tu n’es vraiment pas morte tu es tu es tu tu tu as ta fente qui coule tu es si tu es si tu es si si si tu es si tu n’es pas du tout morte


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